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Le Sud Basse-Terre a enfin son skatepark

Roller skating
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Après. plus de vingt ans d'attente, les riders du Sud Basse-Terre peuvent se régaler sur les rampes d'un skatepark. À l'initiative de l'association Cho Divan, cette structure a été construite sur le plateau sportif de Saint-Claude, inauguré en 2020. Une grande satisfaction pour la soixantaine de licenciés de l'association Basse-Terrienne. Rencontre in situ avec Pascal Pakirdine dit Exode, pour la présentation du skatepark.

La finalisation de ce skatepark sonne comme le début d'une ère nouvelle. Après plus de 30 ans d'une pratique en grande partie autodidacte, les riders du sud basse-Terre vont enfin profiter d'un outil neuf et aux normes. Poser un oeil sur ces rampes flambant neuves, ce revêtement lisse rend nostalgique de ce temps où une bande de jeunes remuants et avides de sensations fortes découvrent le BMX grâce à une revue que leur rapporte l'un des leurs à son retour de voyage aux États-Unis. On est en 1988, et ces jeunes, dont Pascal Pakirdine fait partie, découvrent un vélo étrange, bien loin des vélos de course avec lesquels ils sillonnent Basse-Terre et Saint-Claude. Mais faute d'être équipés, ces jeunes riders sont extrêmement débrouillards.

"Nous découvrons un vélo plutôt petit - il fait à peu près 20 pouces - et qui n'a rien à voir avec les vélos que nous avions. Mais on ne se laisse pas décourager, on modifie les cadres de nos vélos, on tente de modifier aussi les guidons. Mais tout cela est très précaire, à chaque saut, les vélos se cassaient." se souvient Pascal Pakirdine.

Mais les jeunes vont vite arriver au bout de leur peine. Grâce à leur détermination et à popularité montante du BMX dans l'Hexagone, ils arrivent à trouver des distributeurs capables de leur livrer des pièces et des vélos conformes à la discipline.

"Nous commandions les pièces en contre-remboursement. Cela nous laissait deux à trois mois pour trouver l'argent nécessaire pour payer la livraison. À l'époque c'est comme cela que ça fonctionnait." 

Informés des actualités de la discipline grâce aux revues, ils iront jusqu'à construire leur propre rampe avec du bois et des clous, d'une hauteur de 2m50 soit 30 centimètres de plus que la hauteur réglementaire des équipements que l'on trouve dans l'Hexagone. Jamais à court d'imagination, ils inventent leur propre style et leurs propres figures.

"En réalité, nous avons créé une manière de rider qui nous ressemble. Cependant, avec le temps, les figures se sont normalisées. En réalité, on se contentait de parcourir la rampe sans aller assez chercher les sauts et la lévitation. Entre temps, nous nous sommes formés, nous avons apris, mais nous avons toujours notre style." 

Inauguré en 2020 par la Région, dans le cadre de l'ouverture du plateau sportif, ce nouveau skate park annonce pour Cho Divan de nouveaux projets et l'association voit grand.

Bientôt des Antilles-Guyane ?

Même sans équipement, Cho Divan a entretenu des rapports étroits avec les passionnés de la Martinique, de la Guyane, de la Caraïbe et même de l'Hexagone. Désormais, elle espère réunir tout le monde dans des événements sportifs d'envergure, voire même demander l'organisation de championnats de France à la Fédération Française de Roller Skating.

Avec un équipement performant et aux normes, il n'y pas de raison de ne pas être ambitieux. Nous pouvons accueillir des compétitions caribéennes et nationales. Il y a une vraie attente pour l'ensemble de la communauté de riders et de skaters du territoire. C'est une opportunité à ne pas rater.

Depuis plusieurs années, l'association Cho Divan est entrée dans un processus de formation et de professionnalisation qu'elle entend maintenant rentabiliser. Le public est là, la demande aussi, boostée par l'entrée dans sur la liste des disciplines olympique du skate board. Après des années d'évolution, le roller skating local sent, enfin, que l'avenir lui appartient.

Voir le reportage complet "Le skate park de l'espoir"