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Vent de mécontentement dans le cyclisme local

Crédit Photo : William Joas

Cyclisme
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La nouvelle aurait pu passer inaperçue, tant elle a été glissée rapidement entre deux compétitions du calendrier – bien rempli – du cyclisme Guadeloupéen. Et pourtant, son impact a été retentissant. En effet, le comité régional de cyclisme des îles de Guadeloupe (CRCIG) a annoncé une mise à jour de la réglementation concernant l’engagement, dans les équipes locales, de coureurs étrangers.

C’est le 25 mars dernier, à l’issue du prologue du Mémorial Freddy Urcel, organisé par l’USCG, que le comité, par la voix de son président Frédéric Théobald, a annoncé la nouvelle. Il s’agit, pour le comité, de s’aligner avec le règlement de la Fédération Française de Cyclisme qui conditionne l’engagement de tout coureur étranger – hors pays de l’UE – à l’émission d’un contrat de travail fourni par le club hôte et d’une attestation d’appartenance délivrée par le comité. Ce cas de figure précis s’applique dans le cas où le coureur étranger reste plus de 90 jours sur le territoire français. Dans le cas où il resterait moins de 90 jours, il doit présenter un visa touristique et une autorisation temporaire toujours délivrée par le comité. Mais attention, il ne pourra pas porter les couleurs du club d’accueil et devra arborer son maillot national.

Coup de tonnerre chez les dirigeants sportifs du cyclisme, qui avaient déjà, ou étaient en cours de recrutement de coureurs notamment venus de l’Amérique du Sud. La nouvelle, qui tombe alors que la saison est déjà bien avancée et que les préparatifs du 71ème Tour de Guadeloupe sont en cours, perturbe considérablement le mercato des clubs Guadeloupéens.

Fronde et colère

Du coup, le mot est passé très rapidement, et, dès ce milieu de semaine, les premières levées de bouclier se sont organisées. Près d’une dizaine de clubs ont déjà annoncé renoncer à leur participation au Grand Prix des Partenaires (anciennement 6 jours du Crédit Agricole) dont le 1er volet ce tiendra ce week-end du 2 au 3 avril.

Pour certains, dont Boris Carène, champion du Team Cama CCD, cette mise à jour n’est pas conforme aux valeurs du sport. En effet, elle prive l’équipe d’un de ses maillons forts en la personne d’Edwin Sanchez Anzola, plus connu sous le sobriquet "Pimpim".

Fermeté et clémence

Si le comité note le mécontentement des directeurs sportifs, il ne semble pas vouloir céder à leur pression. En effet, malgré les désistements en cascade, le Grand Prix des Partenaires se tiendra avec les clubs qui veulent bien s’aligner au départ. De plus, loin de fermer la porter, Frédéric Théobald précise que le classement de la course étant par points, les équipes qui le désirent pourront revenir et s’aligner pour le 2ème volet de la compétition. Avec cette décision, on reconnait bien ce qui est en train de devenir la patte managériale du comité qui ne veut plus céder aux remous et sautes d’humeur du monde du cyclisme.

D’ailleurs, le comité puise sa fermeté dans le fait que cette réglementation est en cours depuis déjà plusieurs années en Martinique.

Chacun voyant midi à sa porte, reste à savoir comment ce mouvement des directeurs de clubs impactera le reste de la saison, alors qu’on murmure déjà en coulisse, l’annulation de certaines courses organisées par les clubs frondeurs.