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Rapiteau réitère, Brunel en faiseur de rois

Cyclisme
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C'est une cinquième étape très tactique et très étrange qu'ont vécue les coureurs du Tour de Guadeloupe. Elle s'est courue avec les informations d'hier et en prévision de demain. Du coup, à l'arrivée aux Abymes, une fois que Florian Rapiteau coupe la ligne pour la seconde fois, on a l'impression de repartir pour un tout nouveau Tour de Guadeloupe.

Résultats complets de l'étape ici.

Le tracé de cette 5ème étape du Tour de Guadeloupe est connu des équipes locales qui ont déjà eu l'occasion de courir sur des parcours similaires durant la saison régulière. En résumé, en partant de Baie-Mahault, on file, par la Riviera du côté de Sainte-Anne, avant de bifurquer pour rejoindre l'intérieur des terres Abymiennes avec ses raidillons et surtout le sommet de Masselas et entrer dans un circuit de 4 tours comprenant 4 ascensions. Rien de trop compliqué, à condition d'avoir le coffre pour enchaîner les ascensions après avoir roulé à 44km/h de moyenne.

Mais que fait Brunel ?

Au départ de cette 5ème étape, tous les coureurs et notamment ceux qui ont des billes au général, ont compris que la tunique jaune acquise si tôt, embarasse le Laval Cycling 53, qui laisse entendre lourdement à tous les micros qu'elle ne pleurerait pas sa perte. En plus, on arrive sur une étape plutôt plate placée juste avant une étape de montagne dont on connaît déjà plus ou moins les protagonites après l'exercice de la Regretté.

Donc ici, on vise une victoire d'étape et, peut-être, une option sur le maillot jaune. Ambition d'ailleurs partagée par plusieurs coureurs du peloton, qui, contrairement à leurs déclarations, ont bel et bien repéré et coché l'étape. 

Dans ces conditions, le départ de la course est pour le moins brutal. Le maillot jaune comprend très vite qu'il a une cible sur le dos, et le premier, et le plus déterminé, à tirer une flèche, c'est le sociétaire de l'USL Alexys Brunel. Il sort avec 15 coureurs dans un premier temps, des baroudeurs à la recherche de victoires (Relmy, Legrand, André Lubin) et puis un autre dangereux au général, Plamondon (Premier Tech U 23) qui n'est qu'à 24 secondes du maillot jaune. Guillon fait la police, mais Brunel instaure le ton de la journée, soit une course à une allure folle sans une minute de repos.

Malgré tout, sous l'impulsion de Corratec, le peloton revient au pied de Saline (Sainte-Anne). Mais ce n'est que partie remise.

Donnenwirth lance les hostilités

Bien que groupé, le peloton est nerveux. Les sociétaires de Laval ne savent plus où donner de la tête et les équipes invitées se surveillent de près... de si près qu'elles oublient qu'elles ne sont pas seules dans la course. Et voilà Tom Donnenwirth, nouvellement arrivé à l'UVMG qui profite d'une fenête de tir pour filer. Attentif, Brunel lui prend la roue aspirant derrière lui, entre autres, Rapiteau (Laval), Pellegrin (Team Cama CCD), Carnier (Martinique), de nouveau Plamondon (Premier Tech U 23), Eustache (TMC), Stojnic Veljko (Corratec) et Taïno Cailliau (CSCA).

À ce moment là, toutes les équipes qui ont un intérêt au général sont représentées devant. Mais c'est clairement Brunel qui instaure de nouveau un rythme effréné. Derrière le peloton maillot jaune est complètement enterré, personne ne collabore. Non seulement l'écart grandit, mais comme Laval ne s'empresse pas de défendre son maillot, le peloton n'a plus de patron et dans ce cadre là tout est permis et les barroudeurs se mettent en chasse patate pour tenter leur chance.

L'écart entre la tête de course et le maillot jaune grandira jusqu'à 6 minutes au deuxième tour de circuit. Et voilà Tom Donnenwirth virtuel maillot jaune.

Dernier tour et confirmation

Au dernier tour de circuit, la victoire et le général se jouent entre ces hommes de tête. Alors que Brunel et Donnenwirth ont trouvé une communauté d'intérêts au général, c'est aux rouleurs du groupe de tête de se battre désormais pour décider de l'issue de la course. Pellegrin, Veljko, Rapiteau, ont tous trois la capacité d'aller chercher l'étape. Le serbe de Corratec est le 1er à placer sa mine, mais il est contré par un étonnant Carnier décidément remarquable sur ce tour, puis Donnenwirth tente une sortie, mais sera contré par Pellegrin qui ramène tout le monde avec lui.

Ivan Centrone (GEOFCO Doltcini Materiel-Velo.com) tente sa chance et creuse un peu la distance avec le groupe. Rapiteau - dans une tactique qu'il semble apprécier - camoufle sa tentative d'échappée sous un spint point chaud, mais cette fois, Veljko ne sera pas dupe et ira le chercher. 

À 3km de l'arrivée, Taïno Cailliau (CSCA) enclenche courageusement une attaque et Rapiteau prend sa roue. Ensemble, ils rattrapent Centrone qui n'avait jamais vraiment creusé l'écart. Mais sur l'exercice il est très compliqué de battre Rapiteau et c'est bien le Lavallois qui inscrit une nouvelle victoire d'étape à son palmarès du tour.

Bilan de cette 5ème étape, Laval est débarassée du maillot, et place Rapiteau (qui a des allures de leader) à la 6ème place d'un général qui a complètement changé de physionomie. Guillon glisse à plus de 5 minutes du premier. Brunel, lui, garde chaude sa 2ème place à 59 secondes du maillot jaune. Taïno Calliau fait un bond au général pour en prendre la 3ème place, derrière un Cédric Eustache en belle forme.

Quant à Premier Tech U 23 que la chute de Sennicourt a contrarié, Guillaume Dauschy écope le bateau en roulant à fond de train lors des deux derniers tours de circuit ce qui lui permet de laisser l'équipe dans le Top 10 du général provisoire.

Mais rien n'est encore joué, Tom Donnenwirth a de bonnes jambes mais est tout de même bien esseulé dans son équipe. En attendant 9 coureurs dont trois de la Corratec ne prendront pas le départ demain.