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Et de 3 pour Florian Rapiteau (plus que 2)

Crédit Photo : William Joas

Cyclisme
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Il voulait 5 victoires sur ce Tour, et il semble bien en route pour les avoir. Florian Rapiteau (qui se disait peu à l'aise en montagne) a remporté l'étape de Palmiste, en ayant fait course à l'avant tout le long de l'étape. Le maillot jaune, lui, change d'épaules au profit d'Alexys Brunel, déterminé à réaliser le doublé Marie-Galante / Guadeloupe, un peu plus d’un mois après son arrivée en Guadeloupe.

Résultats complets de l'étape 6 ici.

Annoncée « meurtrière » par les observateurs, la 6ème étape du Tour qui arrivait sur les hauteurs de Palmiste (Gourbeyre) a été à la hauteur des attentes. Les stratégies que l’on sentait sur la précédentes étapes se sont révélées avec un Alexys Brunel qui a littéralement planté hier pour moisonner demain.

Partis de Capesterre-Belle-Eau, le peloton devait effacer 148 kilomètres pour essayer d’arriver, pour la première fois de l’Histoire de la compétition, à Palmiste, sur les hauteurs de Gourbeyre, un col de catégorie 1 avec des portions à presque 17% de dénivelé. 

Et, de nouveau, il ne faudra pas attendre longtemps pour avoir une petite idée de la physionomie de la course. Quelques kilomètres à peine après le départ réel, un important groupe se détache du peloton. Il se compose de barroudeurs, certes (Massoto, Stojnic, Hansart, Keller et Pellegrin) mais cache un homme fort en la personne de Célestin Guillon (LAVAL). Le peloton laisse filer, tout en les gardant à portée de tir. À ce moment-là de la course, on retrouve la petite communauté d’intérêt entre l’UVMG et l’USL, puisque les deux équipes semblent s’entendre pour contrôler le peloton. L’échappée vivote jusqu’à l’entrée des Mamelles, qui sonnera aussi le début de l’explication.

Le calvaire de Donnenwirth

La montée de Calvaire-Chapelle, puis l'entrée dans Les Mamelles, pourtant abordées par le versant le moins difficile, rebattent les cartes. Dès les premières montées, le peloton se disloque. En tête de course, le groupe a considérablement maigri, il ne reste que Célestin Guillon, Kylian Sennicourt et Axel Taillandier (Excelsior). 

Derrière, Bennett, qui n’a pas oublié le show qu’il avait produit l’année dernière dans cette bosse, place une sortie. Axel Carnier (Martinique) suit, le maillot jaune aussi, Alexys Brunel et plusieurs coureurs, dont Boris Carène (Team Cama CCD). Mais très vite Tom Donnenwirth est incapable de suivre le rythme imposé par Brunel. Très juste physiquement, il serre les dents, s'accroche, mais rien n'y fait, le groupe dans lequel il aurait du être s'éloigne irrémédiablement. Des coureurs attardés, prennent sa roue pour former un nouveau groupe maillot jaune.

Après la longue descente des Mamelles, au carrefour Mahault, Bennett parti seul devant, passe 34s après la tête de course, le groupe Brunel passe à 1’’08 et Tom Donnenwirth, désormais l’ancien maillot jaune accuse un retard de 2’13. Il ne comblera jamais l’écart et passera la matinée à accuser le coup dans les toboggans de la côte-sous-le-vent. Devant, grâce à un nouveau coup de pédale de Brunel, il y a regroupement général. 

Poker menteur

À partir de ce moment, c’est le grand jeu de poker menteur. Bennett, en forme, monte tranquillement, dans la roue de Brunel, en veillant bien à ne pas lâcher trop d’énergie. Derrière, c’est la grande hésitation. Premier Tech U 23 avec Sennicourt et Laval avec Rapiteau et Guillon, s’observent se testent. Ils sont tous plutôt bien classés au général malgré des écarts conséquents et rêvent d’une victoire d’étape. Mais peut-on se permettre de constituer une échappée avec quelqu’un qui a autant d’ambition que nous… Compliqué.

Florian Rapiteau (soit-disant pas à l’aise en montée) place une attaque, et Sennicourt accroche sa roue. Brunel, pas dupe, ne réagit pas. Mais non seulement les deux hommes ne creusent pas d’écart, mais en plus Rapiteau se relève au bout d’un kilomètre à peine. Tout le monde revient au chaud. À Vieux-Habitants, c’est Bennett qui tente un coup de bluff mais il sera rattrapé par le groupe. La ligne d’arrivée se rapproche, les hommes s’observent, le rythme s’accélère dans les montées, et le Guadeloupéen Damien Urcel (USCG) au chaud depuis les mamelles dans le groupe en fait les frais. 

À la sortie de Gourbeyre, Sennicourt en a assez d’attendre et s’enfuit, attrapé par Florian Rapiteau au passage. Brunel ne s’affole pas, il sait que le mur qui les attend, ne permettra pas à ses hommes de mettre en danger le maillot jaune qui semble lui être acquis. Il ne bougera qu’au départ de Bennett pour le mettre à distance.

Mais dans la montée de Palmiste, le vaillant Sennicourt câle complètement. Rapiteau comprend alors qu’il ne pourra pas se contenter de sucer la roue de son adversaire. Ça tombe bien, il est en mesure de prendre ses responsabilité. Et ce Lavallois, avale le dernier kilomètre de pente qui le sépare de sa 3ème victoire sur ce tour.

Derrière, Palmiste fait les dégâts auxquels ont pouvait s’attendre, le groupe de tête arrive morcelé. Mention spéciale à Boris Carène, qui a fait la course à l’avant durant toute l’étape et qui arrive avec 3 minutes de retard sur le vainqueur.

Tom Donnenwirth, n’aura porté le maillot que quelques heures, durant une étape qui aura eu des allures de cauchemar parfois, tant il aura dépensé de l’énergie pour limiter la casse. Mais il franchira la ligne à plus de 6minutes derrière Rapiteau.

 

Et cette homme qui était venu « chercher des étapes » devient le plus grand danger d’un Alexys Brunel en jaune certes, mais dont la formation est moins aguerrie que celle de Laval. Florian Rapiteau est 2ème du général à un peu plus de 2 minutes, mais avec à ses côtés une formation en ordre de marche et avec la volonté féroce de construire un CV qui fasse baver les recruteurs de professionnels, puisque l’équipe est en très grande difficulté financière. 

Réactions de acteurs de la course