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Hélios Latchoumanaya : une médaille de bronze pour un mec en or

Crédits : France Paralympique

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Hélios Latchoumanaya, 21 ans, vient de remporter une médaille de bronze aux derniers Jeux Paralympiques de Tokyo. Ce judoka, déficient visuel, est originaire de Tarbes et né d’un père Guadeloupéen. Au retour de Tokyo, il a désorais deux objectifs : Paris 2024 et faire connaissance avec l’île de son père. 

Le 29 août dernier, à Tokyo, lors de son combat pour la médaille de bronze, on voit monter sur le tatami un Hélios Latchoumanaya au visage fermé. Le titre vient de lui passer sous le nez au terme d’un match de demi-finale qu’il savait compliqué. Le judoka, qui souffre d’une déficience visuelle, n’a eu que quelques heures pour se remettre de sa défaite. 

“J'étais préparé pour cette échéance. Je savais que cette demi-finale (contre l’Iranien Vahid Nouri n°2 mondial) allait être compliquée, et elle l’a été. J’étais furieux en sortant du tatami. Mais il fallait s’en remettre. Je n’avais que quelques heures avant de remonter sur le tatami et il était hors de question de repartir sans médaille. Du coup, quand je reviens, j’ai juste envie de manger mon adversaire.”

Il ressortira du combat médaillé de bronze pour sa première participation à une olympiade.

Retour de l’enfant de Tarbes

Depuis son retour, Hélios vit dans une bulle un peu folle faite de félicitations et remise de récompense.  Pourtant, cet ancien pilier du Stado Judo est déjà concentré sur les olympiades de 2024. Après quelques semaines de vacances, il devra reprendre sa vie de sportif de haut niveau qui se partage entre les entraînements intensifs de l’INSEP et sa vie d’étudiant en journalisme et communication.

Hélios Latchoumanaya entre à l’INSEP à l’âge de 14 ans. C’est une belle opportunité pour lui qui, depuis le plus jeune âge, a montré des aptitudes dans plusieurs disciplines. Mais entre le BMX, le basket et l’athlétisme, il choisira le judo. Question de feeling et d’aptitudes. Le futur lui donnera raison.

Là-bas, il ne s’entraîne pas qu’avec des athlètes malvoyants. Il est traité de la même façon que les valides. 

“Il n’y a pas d’entraînement spécialisé pour les personnes handicapées. Nous nous entraînons avec les valides. De toute façon il n’y a pas grand-chose qui change dans le combat. Le seul changement significatif est la garde installée au départ. Par ailleurs, c’est très enrichissant de s’entraîner ensemble. De nombreux athlètes valides ont constaté que ces entraînements leur permettaient de s’améliorer.”

Bien intégré et encore mieux entouré, sa préparation pour Paris 2024 pourra démarrer. Cette inter-olympiade, un peu plus courte, doit lui permettre de travailler quelques faiblesses.

“J’attends, évidemment le débrief de mon coach et du staff technique, bien sûr, mais j’ai en tête quelques pistes sur lesquelles il serait bon que je m’améliore. L’idée c’est de revenir encore plus fort pour repartir avec la médaille d’or.”

Une ambition digne du compétiteur qu’il est, de quelqu’un qui ne désire rien de moins que le meilleur.

Héritage Guadeloupéen

Outre sa destinée olympique, Hélios Latchoumanaya rêve aussi de se connecter avec ses racines Guadeloupéennes. Né à Tarbes, d’un père Guadeloupéen, il sait que certains membres de sa famille y vivent, même si les liens ne sont pas forts. Cela fait plusieurs années qu’il espère fouler le sol de la Guadeloupe, il pensait y arriver en 2020 avant que la pandémie ne vienne contrarier ses plans.

“Je sais que je n’ai pas longtemps à attendre avant de venir en Guadeloupe. Si tout s’était bien déroulé, sans crise sanitaire, j’y serai déjà allé. Mais ce n’est que partie remise. J’y viendrai. C’est mon rêve.”

Entre décrocher l’or et fouler les terres sauvages de l'île de son père, les prochaines années de Hélios Latchoumanaya s’annoncent intenses.