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Route du Rhum 2022+ : le pari gagné de Rodolphe Sepho

Crédits Photo : H'RY PROD

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Souvenez-vous… c’était un soir de 2018, sur le ponton ultra-bondé du MACTe. On voyait arriver un Rodolphe Sepho fatigué, mais heureux, au terme de sa 2ème Route du Rhum. À peine remis de ses émotions, le navigateur originaire de Goyave lâchait une petite bombe. Le class40 c’est fini, il est temps pour les Guadeloupéens d’entrer dans la cour des grands à bord d’un Imoca… quatre ans plus tard, c’est chose faite, la Guadeloupe embarque sur La Mie Câline Artipole.

Il est là, le grand Imoca, le premier barré par un Guadeloupéen à l’occasion d’une transat… Ce bateau léger et puissant, monté sur foils et taillé pour les courses transatlantiques, permettra à un Guadeloupéen, pour la 1ère fois, depuis qu’ils participent à cette course, de rallier Saint-Malo à la Guadeloupe en moins de 20 jours, si tout va bien… Un évènement mais surtout un objectif fixé par le rageur « Plus loin, plus vite, plus fort » prononcé par Rodolphe Sepho à l’arrivée de la dernière RDR.

Seul petit bémol, l’aventure n’aura pas été possible uniquement grâce à des sponsors Guadeloupéens comme le désirait dans un premier temps le navigateur. Mais « La Mie Câline » tout de même ! L’une des enseignes récurrentes de la course au large, c’est une victoire. Pour y arriver, Rodolphe a pu compter sur les relations tissées avec les navigateurs de l’Hexagone et notamment Arnaud Boissière avec qu’il a bouclé la dernière Jacques Vabre. 

 « Arnaud m’a vraiment permis, sur la Vabre, de connaître le bateau, d’appréhender ses réactions en condition de navigation, mais surtout il a accepté de m’en laisser les clés afin de dérouler mon programme de préparation et de m’aligner sur la prochaine Route du Rhum. » 

On se souvient d’ailleurs de l’émotion des deux hommes, à l’arrivée en Martinique. 

 « C’était tout plein de 1ères fois cette Jacques Vabre. La première fois que je passais l’équateur, la première fois qu’un Guadeloupéen embarquait sur ce type de bateau… c’est le résultats de nombreuses années de travail et de la mobilisation intense de mon équipe tout ce temps. »  évoque heureux le navigateur.

Désormais seul à bord de son imoca, et à neuf mois du grand départ, Rodolphe Sepho s’engage dès les prochaines semaines dans un gros segment de préparation.

Projets, stages, courses, et vérifications

Tout d’abord, il va falloir faire sortir l’imoca de l’eau pour un premier chantier de contrôle. Ce sera d’ailleurs l’occasion pour le navigateur de continuer le déroulé de son programme « Rêve de Large » grâce auquel il permet à une dizaine de jeunes Guadeloupéens, engagés dans des filières des métiers de la mer, de profiter d’un volet pratique de leur enseignement. Certains le suivront même jusqu’au bout sur les pontons de Saint-Malo.

Sur le plan sportif, en dehors de la RORC Caribbean 600, Rodolphe Sepho compte bien dérouler le programme arrêté en 2019. Après un retour dans l’Hexagone, l’Imoca partira sur son chantier d’optimisation.

« Malgré la crise, on reste sur le même programme. Après cette session d’apprentissage avec les jeunes du programme, je ferai une transat en solitaire pour valider ma qualification. Ensuite, je participerai au Défi Azimut pour avoir un peu de confrontation avec les autres navigateurs. Et enfin, après plusieurs stages de préparation, ce sera direction Saint-Malo pour la Route du Rhum. »  

Il s’agira dès lors pour le Guadeloupéen de sortir de la Manche, ce bras de mer toujours agité par les dépressions en fin d’année, à bord d’un bateau puissant, naviguant en moyenne à 13 noeuds dans des conditions de vent modéré. Tout un programme pour celui qui se projette déjà sur le Vendée Globe 2024.