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50 licences de plus en 2020. C’est un résultat que de nombreuses associations sportives aimeraient afficher. Le RCG, jeune club de rugby continue sa croissance dans un environnement rendu hostile par la crise sanitaire.

Le mercredi, sur ce terrain de rugby situé à quelques kilomètres de l’entrée du bourg de la commune de Goyave, des jeunes entre quatre et quinze ans s’entraînent dès les premières heures de l’après-midi. Les sessions s’organisent en ateliers d’âge.

Les premiers que l’on repère sont les très jeunes enfants. Sous une couverture multicolore, un éducateur leur raconte une histoire. Aujourd’hui, ils sont dix racoons. Leur mission est de sortir le plus vite possible de sous la couverture pour ramener, en courant, les goyaves éparpillées autour d’eux. Le jeu a du succès, les enfants piaillent tant et si bien que les rappels à l’ordre – bienveillants – ne sont pas rares. Mais pour les éducateurs, c’est la preuve que la recette fonctionne.

« Le baby rugby, c’est de l’éveil moteur, c’est très ludique et on joue sur l’entraide, la solidarité et quelques savoirs techniques de base. Les enfants sont contents. Il y a un vrai engouement et les petits progressent vite et sans appréhension. » explique Loïc Douté, éducateur au RCG.

Le dispositif est d’ailleurs très fortement soutenu par la Fédération Française de Rugby (FFR) qui a édité des kits pour l’animation des ateliers. Car, outre la possibilité de travailler avec les enfants à un moment idéal de leur développement moteur, le baby rugby permet aussi de polir un peu l’image du rugby qui garde, dans l’imaginaire des parents, la réputation d’un sport violent.

« Il fallait que les parents prennent connaissance de notre programme. Quand on regarde autour de nous, on voit l’apprentissage de la cohésion, et de l’esprit d’équipe. Il n’y a pas de violence, c’est de l’évitement et du jeu de ballon » décrit Charles Ériau, Président du RCG.

En la matière, c’est le bouche-à-oreille qui a fait son office. Mais pour que ça fonctionne, il a encore fallu aller chercher les parents, et c’est le sport scolaire qui fera office de passerelle, l’UNSS plus précisément qui  a permis à la discipline de présenter sa carte de visite.

Des résultats encourageants

Le travail de stratégie mis en place depuis la crise a eu des résultats tangibles. Sur le plan administratif d’abord, puisque d’une trentaine de licences en 2019, le club affiche désormais plus de quatre-vingt licences dans un tarif de 100 euros par an qui comprend la prise en charge presque complète de l’enfant.

Mais les résultats les plus probants se constatent sur les enfants. La pratique du rugby, de l’aveu des parents et de l’encadrement, a des effets positifs notables sur le développement physique et psychologique des jeunes pratiquants.

« Le rugby oblige les jeunes à développer des capacités motrices incroyables. De plus, le jeu n’est pas discriminant. Tous les jeunes ont leur place. Quand je regarde les jeunes arrivés il y a six mois, le changement est clair. Certains ont maigri, mais en général, ils sont plus agiles, et plus en confiance avec les autres » affirme le président Charles Ériau.

Pas de discrimination, pas d’adaptation excessive, sur le terrain, tous les enfants trouvent leur place, peu importe leur morphologie.

L’ombre de l’essoufflement

Mais, comme toute chose, la stratégie de développement du rugby a un prix. Le RCG est animé uniquement par des bénévoles. Or, la liste de tâche est longue, entre l’accueil des enfants, la tenue des ateliers, la logistique sans compter l’encadrement de la section senior engagée dans le championnat. Il faut compter en moyenne 20 heures de travail par semaine pour les bénévoles, président compris.

 Le miracle du développement cache donc surtout un travail acharné et représente une endurance que les bénévoles ne sont pas sûrs d’avoir.

 « Nous sommes heureux de voir que le club décolle, mais nous sommes aussi engagés dans une course contre-la-montre, car il faut que ça prenne vite. L’épuisement des bénévoles est une question omniprésente dans nos rangs car s’occuper du club est une seconde activité professionnnelle. »

Pour l’heure, c’est l’amour du jeu et l’engagement auprès des enfants qui fait tenir, encore, la structure du club, mais cela ne garantit pas une mise à l’abri totale, surtout avec une crise qui démobilise la section senior faute de compétition et semble s’amuser à faire planer l’incertitude quant à la physionomie des prochains mois.